BALADE DANS L’AU-DELÀ

Voirie de Carouge, Festival Antigel les 29, 30, 31 janvier 2015

Dramaturgie, mise en scène et scénographie: Sarah André et Chiara Petrini
Technique: Vincent Bertholet, Steve Leguy, Mathieu Dupin
Musique: Alexis Trembley
Avec (dans l’ordre d’apparition): Paul Courlet, Bruno Izarn, Jean-Pierre et Chantal Baillif, Emile Blondel, Sylvain Leguy, Jérémie Chevalier, David Cimasoni, Sasha Harsch, Uma Martinez, Vincent et Antonio Veiras, Joyce Vuille, Yvonne Harder, Lisa et Emma Lee Harder, Capucine Fernez, Naomi Krieger, Romaine Chappuis

Spectateurs : 1000 environ

Dans "Balade dans l'au-delà" le collectif Rucksack Gogolplex donne au spectateur l'occasion unique de faire un tour du côté de l'après-vie.

Réitérant l'expérience de la balade audio-guidée, le spectateur, accompagné d'une bande sonore et de textes témoignant d’une autre vie, pénètre dans le souterrain de la Voirie de Carouge transfiguré en monde de l'au-delà.

Après avoir franchi l'habituel tunnel, le spectateur, accueilli par un Dieu un peu moqueur plonge dans une ambiance à mi-chemin entre le rêve, le vague souvenir et le film d'horreur. Habité par une vingtaine de figurants masqués et leurs double (pantins de chiffons représentant leurs dépouilles) l'espace se mute en une suite de scènes qui pourraient ressembler à la reconstitution de lieux d'accidents ou de crimes.

Les personnages marquent par leur présence immobile, ils occupent statiquement l'espace au même titre que leurs pantins et les éléments scénographiques. Ainsi, les frontières entre animé et inanimé, entre vie et mort deviennent floues, jusqu'à leur proche disparition. L'espace est dévoilé petit à petit par la lumière qui guide le spectateur d'un tableau vivant à l'autre. Les figurants se meuvent alors selon une chorégraphie très lente.

Un homme enterre son propre corps, un autre sculpte le visage de la femme qu’il a laissé sur terre et un autre encore voit sa vie défiler sur des diapositives. Un couple de vieux boit tranquillement du thé dans un salon alors que deux fillettes jouent avec une poupée monstrueuse. Une tomate se voit écrasée sur la route tandis qu’un travesti se déhanche devant un miroir.L’absurde flirte avec l’onirique. Le spectacle se termine sur une chanson chantée à cappella par les 20 figurants, un sorte de hymne à la vie qui nous vient comme un conseil de ceux qui l’ont perdue.